Actualités Mise en avant

Le télétravail pourrait augmenter l’effet de « se parler à soi-même »

Saviez-vous que se parler à soi-même est tout à fait bon et sain ? Si durant votre période en télétravail vous avez tendance à le faire, rassurez-vous, tout va bien ! Bien entendu, la parole peut être intérieure, ou bien à haute voix, question de choix ou de situation. Mais sachez que c’est tout à fait productif et peut même vous permettre d’améliorer vos performances. Et le plus beau, c’est que, sans cela, nous ignorerions que nous existons !

Le choix de parfums de notre voix intérieure

Intérieure, extérieure, volontaire, vagabonde, motivante, instructive, positive, négative, agréable, désagréable, faites vos choix de voix ! Qu’elle soit intérieure, ou qu’elle soit extérieure, bien avisé est celui qui se parle à lui-même. Se parler à soi-même peut être volontaire, lorsque par exemple on se remémore notre To-do list. Mais elle peut tout aussi bien être vagabonde, un peu comme un poste de radio qu’on n’écoute pas vraiment. L’un ou l’autre met en jeu des zones différentes de notre cerveau. Autrement dit, elles n’ont absolument pas du tout la même mission. Par exemple, lorsqu’on se parle consciemment, sa fonction sera de mettre les choses au clair. Souvent utilisée pour mémoriser ou pour se souvenir, cette voix intérieure est un peu comme un self-manager qui nous facilite les choses lorsque l’on souhaite s’encourager. Elle aide à se donner des instructions, ou encore à appuyer notre attention ou notre concentration sur des point bien précis.

Se parler à soi-même améliore nos performances même en télétravail

Tout le monde a déjà vu des sportifs se parler à eux-mêmes pour s’encourager. Mais saviez-vous que les résultats peuvent être totalement différents en fonction du niveau du sportif ? Une expérience démontre, pour les sportifs débutants qui se donnent des instructions précises, que leurs performances augmentent. Alors, encouragez-vous si vous êtes en télétravail !

Homme parlant à un clone de lui-même

Expériences dans le milieu sportif

Se parler pour se guider

Expérience menée en Grèce sur l’équipe de Eleni Zetou psychologue du sport de l’université Démocrite de Tharse, en volley-ball.

Il a été demandé à 28 adolescents joueurs de volley-ball de s’entraîner au service une heure par semaine pendant quatre semaines, en se parlant pour guider leur mouvement. « 

Quand je lance le ballon, le bras passe derrière, puis au-dessus de la tête, je regarde la cible et je frappe ».

Au cours de la même période, 28 joueurs s’entraînaient au service sans discours. Des entraîneurs ont alors évalué les joueurs d’après les vidéos. Résultats : les joueurs des deux groupes ont progressé. À la fin de l’entraînement la note moyenne de ceux qui avaient utilisé un discours de soutien était meilleure de neuf points de plus.

Savoir se parler c’est savoir se motiver

Pour les sportifs avertis, le fait de se donner des phrases de motivation démontrant le résultat, serait ici meilleur. Contrairement aux débutants qui ont besoin de détails précis jusqu’à ce que le mouvement devienne automatique, le sportif avancé lui, aura besoin de l’image finale, du but à atteindre pour augmenter ses performances. Ces discours peuvent être intérieurs ou extérieurs.

Expérience menée en 2008 Christian Edwards et ses collaborateurs de l’université de Worcester en Angleterre

Étude menée sur 24 jeunes joueurs de rugby : les jeunes joueurs devaient sauter sur place de façon répétée aussi haut qu’ils pouvaient. Pendant 20 secondes avant chaque assaut, 16 d’entre eux utilisaient la parole intérieure silencieuse de motivation :

“Je peux sauter plus haut”, soit un discours privé d’instruction “plie les jambes et propulse-toi”.

Quant aux huit autres joueurs, ils devaient s’abstenir de toute parole intérieure en rapport avec le saut. Résultats : les joueurs encouragés par un discours privé de motivation “je peux sauter plus haut”, sautaient plus haut que ceux qui se donnaient des instructions concrètes “plie les jambes et propulse-toi”. Quant aux huit joueurs restants, le résultat est resté bien plus faible que celui des deux autres groupes.

Mais quand il s’agit de ruminations intérieures ? 

L’anxiété peut apparaître lorsque les ruminations intérieures sont fréquentes et revêtent un aspect négatif. Cela peut aller jusqu’à la dépression. D’autant plus si l’on ressent de l’isolement en télétravail, il est important de surveiller nos sujets de pensées.

Expérience : une étude en 2007 a été menée à l’université de Temple de Philadelphie

71 enfants ayant des troubles anxieux et 84 enfants n’en ayant pas de majeurs. Sur un questionnaire, ils devaient noter combien de fois survenaient dans leur esprit des pensées négatives par exemple « je suis nerveux et inquiet » ou positive “je suis un battant”.

Surveiller sa façon de penser et rectifier son flux favorise l’esprit positif et diminue l’anxiété.

Résultats : Plus les enfants avaient les pensées anxieuses, plus grande était leur anxiété. En thérapie réduire le flot des pensées anxieuses s’accompagne automatiquement d’une baisse d’anxiété. Inversement en observant nos pensées on peut comprendre pourquoi on se sent déprimé. En effet, on constate ce qui nourrit notre anxiété.

L’importance de la parole envers soi

Expérience : université de Cambridge en 1999 études menées par James Russel. Il a été demandé à 19 enfants autistes et à 19 témoins de cinq à huit ans, de trier des cartes en plaçant dans une case « journée » toutes celles où apparaissait une lune, et dans une case « nuit » celle où apparaissait le soleil. Au lieu de classer les cartes silencieusement, les enfants devaient s’aider de la parole, énonçant à haute voix « nuit » à chaque carte « soleil » et « jour » à chaque carte « lune ».

Résultat : dans ces conditions les deux groupes ont obtenu les mêmes résultats.

Portrait de l’homme au mégaphone. Écoutant sa voix intérieure

Et entendre des voix ?

Sur un plan purement physiologique, la parole est produite dans l’aire de Broca (zone du cerveau frontal gauche). Elle envoie une « copie » de ce qui va être dit à l’aire de Wernicke. Elle se situe à la frontière entre le lobe pariétal et le lobe temporal de l’hémisphère gauche. Cette zone aura pour mission de rendre compréhensible ce qui a été envoyé. L’intérêt de cette copie, indique à l’aire de Wernicke qu’il s’agit d’une parole intérieure. Ainsi elle ne l’assimile pas à une voix extérieure. Lorsque ces zones sont troublées il peut être question d’hallucinations auditives verbales que l’on va retrouver dans les cas pathologiques. Peut-être que le télétravail stimulera d’autres aires cérébrales. Pourquoi pas l’aire tegmentale ventrale, qui régit le circuit de satisfaction lorsque votre To-do list diminue !

J’entends ma voix, donc je télétravail efficacement !

C’est le psychologue Alain Maurin de la Mount Royal University, à Calgary au Canada qui a démontré une théorie selon laquelle la parole intérieure, est dit-il :

« C’est l’un des outils les plus importants dont nous disposons pour être conscient de nous-mêmes et de notre existence. Il est tellement primordial que lorsque nous le perdons, des lacunes importantes de ce sentiment se font sentir« .

Autrement dit, modifier ses pensées en incluant des phrases automatiques, d’appartenance à un groupe, nous éloigne peu à peu de notre individualité. Cela empiète sur la conscience de notre existence propre. C’est pourquoi les mantras, par exemple, peuvent avoir un effet bénéfique sur une communauté monacale, mais peut avoir une incidence catastrophique sur toute personne qui remplit ses pensées uniquement de phrases appartenant à d’autres. 

Mais rassurons-nous, les expressions populaires qui inondent les réseaux sociaux n’ont pas cette incidence. Profitez de ce temps en télétravail pour refaire connaissance et être bienveillant avec vous-même, ça rend les choses bien plus faciles et agréables à vivre. Cela pourrait même vous aider à faire le point (avec un bilan de compétences, pourquoi pas) pour accéder à votre prochaine vie professionnelle.


Bibliographie

Send this to a friend